Comment la règle 90/180 s'applique ici
Si vous êtes dispensé de visa, vous pouvez séjourner jusqu'à 90 jours sur toute période de 180 jours. Ce quota s'applique à l'ensemble de l'espace Schengen, et non à l'Espagne seule : les jours passés en France ou au Portugal sont déduits des mêmes 90 jours.
- Les 180 jours constituent une fenêtre glissante, et non une période calendaire. Pour n'importe quelle date, remontez 180 jours en incluant cette date, additionnez les jours passés dans l'espace Schengen, et le total ne doit jamais dépasser 90.
- Le jour d'arrivée comme le jour de départ comptent chacun comme une journée entière, même si vous ne restez que quelques heures.
- Passer de l'Espagne à un autre pays Schengen ne change rien : le décompte est commun à tout l'espace Schengen.
- Seul le temps permet de reconstituer votre quota. La Commission européenne est explicite : une absence ininterrompue de 90 jours vous redonne un nouveau quota de 90 jours.
Rester plus de 90 jours
Pour rester plus de 90 jours, vous devez demander un visa national avant votre départ auprès du consulat d'Espagne compétent pour votre lieu de résidence. Les deux options les plus courantes se distinguent avant tout sur un point : le droit de travailler.
Visa de résidence non lucrative (residencia no lucrativa)
Destiné aux personnes qui souhaitent vivre en Espagne grâce à des ressources dont elles disposent déjà. Il n'autorise aucune activité professionnelle. Le consulat exige une déclaration sur l'honneur, signée devant notaire, attestant que vous n'exercerez aucun travail rémunéré, y compris le télétravail pour une entreprise étrangère. Le visa est délivré pour un an, et la première autorisation de séjour est instruite simultanément.
Ressources : 400 % de l'IPREM. L'IPREM est fixé à 600 € par mois depuis 2023, soit environ 2 400 € mensuels, auxquels s'ajoutent 100 % de l'IPREM pour chaque membre de la famille.
Visa de télétravail international (dit « visa nomade numérique »)
Créé par la loi 28/2022 pour les personnes travaillant à distance pour des entreprises situées hors d'Espagne — précisément ce que le visa non lucratif interdit. Il exige au minimum trois mois de relation avec l'employeur ou le client étranger, un diplôme ou trois années d'expérience professionnelle, une assurance santé auprès d'un assureur agréé en Espagne et, pour les salariés, une lettre de l'employeur autorisant le télétravail depuis l'Espagne. Le visa est valable jusqu'à un an et peut déboucher sur une autorisation de séjour pouvant aller jusqu'à trois ans.
Ressources : 200 % du salaire minimum (SMI). En 2026, cela représente environ 2 442 € par mois.
Le piège à éviter
Demander un visa non lucratif tout en prévoyant de conserver son emploi à distance. La déclaration sur l'honneur précise explicitement que le travail à distance, y compris en ligne, est considéré comme une activité professionnelle. C'est précisément pour cette situation que le visa de télétravail existe. Choisir la mauvaise voie n'est pas un simple détail administratif : vous signez une déclaration devant notaire.
Questions fréquentes
Les jours passés dans d'autres pays Schengen comptent-ils pour mon séjour en Espagne ?
Oui. Il n'existe pas de quota espagnol distinct : il existe un quota Schengen unique. Une semaine à Lisbonne et une semaine à Séville sont déduites des mêmes 90 jours.
Sortir puis revenir remet-il le compteur à zéro ?
Non. Seul l'écoulement du temps le permet. Chaque journée sort de la fenêtre glissante 180 jours après avoir été utilisée, et une absence ininterrompue de 90 jours rétablit un nouveau séjour de 90 jours.
Un titre de séjour espagnol change-t-il l'application de la règle ?
Oui. Une fois titulaire d'un titre de séjour espagnol, votre présence en Espagne relève de ce titre et non plus de la règle 90/180. Les déplacements dans les autres pays Schengen restent toutefois soumis à certaines limites : vérifiez les conditions de votre titre avant d'organiser de longs séjours ailleurs.
Vérifier à la source
Les règles d'immigration évoluent régulièrement, et les seuils financiers sont ceux qui changent le plus souvent. Ce guide s'appuie sur les sources officielles suivantes.
- Comisión Europea — calculadora oficial de estancias cortas (90/180)
- Ministerio de Asuntos Exteriores — visado de residencia no lucrativa
- Ministerio de Inclusión (UGE) — teletrabajadores de carácter internacional
- BOE — Ley 28/2022, de 21 de diciembre (empresas emergentes)
- BOE — Real Decreto 126/2026: salario mínimo interprofesional para 2026
Comptez vos jours Schengen
Ouvrir le calculateur Schengen 90/180Ce guide est un outil d'aide à la planification et ne constitue pas un conseil juridique. La décision finale concernant l'entrée sur le territoire et la durée du séjour appartient aux autorités frontalières ou au consulat. Vérifiez toujours les règles en vigueur auprès des sources officielles avant votre départ.